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Saturday & Sunday, November 24 & 25

6 - Midnight

 

Automates Ki

a sound installation and performance, by

Maxime De La Rochefoucauld

This installation is about music performed by automatons: mechanized acoustic sculptures animated by inaudible frequencies. Their oddly organic polyrhythms are orchestrated to produce a ritualistic trance-like music.

 

The automatons are activated by high and low inaudible frequencies. Those frequencies drive the membranes of little woofers* on which a structure made out of sticks and springs is attached. The structure hits acoustic instruments like drums, cymbals, strings, bells, cans, etc.

All the automatons are controlled individually by an impulsion board. This impulsion board is like a traditional mixing board. But instead of an audio volume, it is the electrical power of the impulsion given to the automatons which itself generates an acoustic sound. This impulsion board has 24 faders which receive different impulsions and 24 outputs connected to an amplification tower.

*Some of the automatons are activated by soleno•ds.

 

 

"...When the trumpet gets going, the sound is almost on par with electric Miles Davis; the whole manner in which this beast is assembled brings to mind zany sculptor Jean Tinguely..."

Mike McGonigal, Raygun

 

"... The ethnic polyrhythms flow in and out of a linear structure, laying the groundwork for shadowy, inscrutable soundscapes. Drones and washes swim through the ether behind the drums, occasionally pierced by metallic crashes or atonal howls and flares. Seductive, hypnotic and frequently frightening. A resounding success."

Rupert Bottenberg, Mirror

 

for more information: www.maximerioux.com

 

 

 

 

Notes Sur KI:

Le Ki Ki, mot japonnais, est l'Žnergie vitale invisible qui fait bouger les choses. J'utilise ce mot comme une allŽgorie en rapport avec lÕŽnergie qui anime mes automates. L'auditeur, s'il est aussi spectateur, ne voit et nÕentend que les consŽquences de cette vibration. Dans ce contexte, les automates sont des porte-paroles de la vibration plut™t que des instruments de musique inventŽs, puisque j'utilise des instruments dŽjˆ existants provenant de divers pays.

Le Systme Ki Ce Systme est proche des prŽocuppations de Maurice Martenot (Les Ondes Martenot et ses Diffuseurs) et du travail d'Alvin Lucier (Music for solo performer, 1965). Depuis plusieurs annŽes, je travaille sur un systme de mon invention qui anime des automates produisant une musique axŽe sur la percussion. Le Systme Ki transforme la modulation de frŽquences Žlectroniques en un phŽnomne acoustique. Ce sont des modulations de basse frŽquence inaudible qui activent les automates Ki. Le Systme KI implique dans l'ordre l'Žlectronique, l'Žlectrique, la mŽcanique et finalement la gravitation.

L'automate Ki L'automate Ki est un petit haut-parleur (woofer) jouxtŽ ˆ un instrument de musique. Sur le haut-parleur est fixŽ, au centre de sa partie mobile, un percuteur souple. Ce percuteur, animŽ par le mouvement de va-et-vient du haut-parleur, va se frapper dans un mouvement oscillatoire ˆ des instruments acoustiques (tambours, cymbales, cordes).

Le percuteur Il y a une structure souple, faite de bois et de fer, fixŽe ˆ la base mobile du haut-parleur, cÕest le percuteur. Il est construit de faon ˆ obtenir un mouvement oscillatoire lorsqu'une vibration lui est appliquŽe, semblable au tympan de lÕoreille. Chaque percuteur est fabriquŽ spŽcifiquement pour un instrument particulier.

La Variable AlŽatoire La Variable AlŽatoire alloue aux phŽnomnes stochastiques*, par diffŽrentes stratŽgies, d'agir sur le chemin qu'empruntent plusieurs Žnergies propre au Systme Ki. La rŽsultante Žtant ultimement la production dÕun son acoustique. La Variable AlŽatoire raffermit la cohŽsion et le dynamisme de lÕorchestration. En effet, lorsque les possibilitŽs de ponctuations de la cadence augmente, on observe l'apparition du contrepoint qui annonce la multiplication de dialogues et de conversations entre les percussions. Trouver o se cache et faire agir la Variable AlŽatoire particularise les rythmes idiosyncrasiques produits par le Systme Ki. *Stochastique: Qui est le fruit du hazard, au moins en partie. Qui comporte la prŽsence d'une variable alŽatoire. (Petit Robert)

La modulation Le premier maillon de la cha”ne d'Žnergies du Systme Ki est la modulation de frŽquences originale, de 1 ˆ (+-) 40 hertz, ˆ partir d'une source qui peut provenir d'un synthŽtiseur, d'un instrument acoustique ou des ondes alpha du cerveau...

Le flocon C'est l'organicitŽ du rythme qui mÕinterpelle: modelŽ la matire sonore, laisser la nature pŽnŽtrŽe dans le systme; chaque flocon de neige n'est-il pas unique?

La vibration Le son est une vibration. D'un point dÕorigine, une Žnergie brise l'ordre inerte des choses, et la vibration se propage. Elle s'ammortit par le degrŽ de densitŽ de la matire qu'elle rencontre, et se tait pour toujours comme elle est nŽe. Cette vibration est appelŽ son que si elle fut captŽ par L'oreille Humaine. C'est l'histoire de ce cheminement qui nous est contŽe lorsquÕon Žcoute la musique des automates Ki. Pour utiliser une analogie, les radiotŽlescopes entendent les hautes frŽquences en provenance du Cosmos. Ces frŽquences nous atteignent aprs un long parcours qui nous en dise peu, et beaucoup sur cette Žnergie qui fut jadis libŽrŽe. En d'autres termes, cette onde de choc primordiale s'est transformŽe avec le temps. Et c'est par l'entremise de manifestations multiples et souvent imprŽvisibles qui nous affectent, que nous savons qu'il y a eu libŽration d'Žnergie ˆ un moment donnŽ. Cela est semblable au parcours quÕemprunte le flux d'Žnergies du Systme Ki.

L'affiliation Ë l'Žcoute des automates, une affiliation ˆ une culture musicale particulire peut nous venir ˆ l'esprit, mais c'est comme un mirage. Car le moyen envisagŽ au dŽpart pour construire cet amalgame de sons repose sur des algorithmes qui n'ont rien ˆ voir avec la mŽtrique de quelque tradition musicale que ce soit. Il n'en reste pas moins, qu'au delˆ de ces considŽrations thŽoriques, mon intŽrt dans le dŽveloppement du systme nÕest pas Žtranger au fait que je suis percussionniste moi-mme: sensible aux affinitŽs que la gŽomŽtrie organique de la musique des automates entretient avec le fabuleux terroir rythmique de l'humanitŽ.

La flexibilité Les principes mŽcanistes de lÕautomate du 18me sicle, nÕont abouti qu'ˆ perpŽtuer l'image du robot qui joue la mme rengaine at vitam eternam. Par contraste, c'est l'emphase sur la flexibilitŽ du contr™le et la porositŽ aux accidents qui me sŽduit.

La souplesse La musique des automates Ki n'est pas basŽe sur une mŽcanique prŽcise dont le but serait de copier la dextŽritŽ du musicien. Mais cette musique s'appuie sur un systme souple reposant sur la vibration qui est le principe fondateur du son.

Le Gate Ki Ces interrupteurs sont branchŽs sur les fils des automates. L'effet obtenu par ces interrupteurs pourrait tre comparŽ ˆ celui d'un gate Žlectronique*. Mais dans ce cas ci, ce gate utilise la mŽcanique pour fonctionner. Par exemple, 'ÕintensitŽ de la vibration, qui met en mouvement le mercure d'un interrupteur de ce type, dŽtermine l'alimentation du flux Žlectrique ˆ l'automate. Ces interruptions de courants font na”tre de brefs et imprŽsibles silences sonores qui dynamise l'automation de l'orchestration. * Gate : composante Žlectronique qui a pour principe de ne laisser passer, selon son ouverture, que la ou les plus fortes intensitŽs du flux Žlectrique.

La programmation Ki L'enregistrement multipistes de la modulation de frŽquences, qui active les automates, est possible et permet une programmation des orchestrations. Lorsqu'on joue un enregistrement des modulations avec tout les changements opŽrŽs, les automates reproduiront en direct les tempos, les orchestrations et les durŽes voulus, mais l'interprŽtation diffre ˆ chaque fois. Ë l'Žcoute des diffŽrentes interprŽtations, je peux ainsi mesurer de l'ampleur de la Variable AlŽatoire.

La polyrythmie Ki La polyrythmie des automates est la rŽsultante du Systme Ki. Pour tre plus prŽcis, il ne s'agit pas d'une polyrythmie au sens strict du terme. En lÕanalysant, ce rythme crŽe ˆ la fois l'illusion d'une grande cohŽrence et d'une Žtroite communication entre les automates. Mais ˆ y regarder de plus prs, cÕest un rythme qui dŽboule et trŽbuche dans les faits. Car la rythmicitŽ des automates ne repose pas sur la mŽtrique propre ˆ la notation musicale. Mais procde de la Variable AlŽatoire, et en bout de ligne, ce sont les lois de la gravitation qui priment. Si j'avais ˆ dŽfinir ce type de rythme, je le dŽsignerait comme Žtant une rythmique polygravitationnelle.

Le temps Je pense que la subdivivision du temps, dans ce territoire musical o sÕinterpŽntrent les sons, est un domaine de recherche sonore fascinant. Et reprŽsente la possibilitŽ d'intercaller des sons alimentant le silence dans ses plus infimes retraites...

La console 'ÕimpulsioN Tous les automates sont contr™lŽs individuellement par une Console d'impulsions. Cette dernire est un peu comme une console de mixage traditionnelle, mais vous comprendrez ici que le curseur ne produit pas un volume audio proprement dit. Le curseur, agissant comme un potentiomtre, dŽtermine le nombre de watts donnŽ ˆ l'automate qui engendre lui-mme des sons acoustiques. Cette console reoit les impulsions de la modulation de frŽquences originale et distribue celle-ci ˆ une tour d'amplificateurs. Celle-ci est branchŽe aux fils des haut-parleurs/automates.

Les crocodiles Le type de branchement que j'utilise sur les cables provenant des amplificateurs, et qui aboutissent aux automates, sont des crocodiles. Deux raisons m'ont amenŽes ˆ choisir ces crocodiles plut™t que tout autre type de connecteurs. La premire raison, c'est qu'en tout temps, je peux changer la phase, qui est le [positif/nŽgatif] ou [nŽgatif/positif], ce qu'on appelle dans le jargon: phase ou off-phase. Ces branchements, lorsqu'on les interchangent, permettent une forme de court dŽlai ˆ la production du son sur un automate. La seconde raison est sa fiabilitŽ: jamais de court-circuits puisque le (+ ) et le (- ) sont sŽparŽs. Ces crocodiles permettent aussi de raccorder en sŽrie rapidement plusieurs automates pour crŽer des ensembles. Et soit dit en passant, il n'y a pas la notion classique de m‰le/femelle chez les crocodiles-connecteurs. Ils mordent ˆ pleine dents sur tout ce quÕils peuvent.

La gravitation Le mouvement du percuteur accumule de l'Žnergie et rel‰che celle-ci de temps ˆ autre. DŽpendant de la distance qui le sŽpare de l'instrument, il y aura production d'un son acoustique. C'est par la fluctuation de la distance entre l'instrument et le percuteur que s'opprent les lois de la gravitation.

La disposition La disposition des automates, sur une Žtagre qui entoure et surplombe le studio, permet d'avoir plus d'espace au sol et alloue au son de voyager plus aisŽment. Cette disposition des instruments permet aussi la lecture de la danse et la visibilitŽ des automates: le regard alternant de haut en bas dynamisant l'interaction entre la danse et la musique sans interfŽrence visuelle. Quant aux cordes/automates placŽes sur le plancher, trois raisons sont invoquŽes pour ce choix. La premire Žtant l'accs aisŽ ˆ l'instrument pour facilitŽ son Accord. La deuxime Žtant une ligne sŽparant la scne et le public. Enfin cette disposition permet au spectateur de voir le mouvement, de dessus, des automates/cordes.

 

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